L’INVITÉE D'HONNEUR DU SALON

Soirée d’hommage à Jasna Šamić, écrivaine et militante laïque bosniaque

Samedi 23/09 à 18h30, Espace Voltaire

Présentation par Gérard ADAM, des éditions M.E.O., interview par Vinciane COLSON, journaliste, présentatrice des émissions Libres ensemble, lecture de textes choisis, vidéo, dialogue avec le public

SAMIC-08 copie (1).jpgJasna Šamić, née à Sarajevo en 1949 dans une famille musulmane non pratiquante, partage sa vie entre la France et la Bosnie-Herzégovine depuis près de quarante ans. Titulaire de doctorats à la Sorbonne et à l’Université de Sarajevo, elle est spécialiste des langues, littératures et civilisations orientales. Elle a enseigné aux universités de Sarajevo et de Strasbourg, a été directeur de recherche associée au CNRS, ainsi que collaboratrice de Radio France Internationale et France culture.

Elle écrit en français et en bosniaque (serbo-croate). Ses ouvrages comprennent des textes sur le soufisme, des essais, des romans, des nouvelles, de la poésie et du théâtre. Citons notamment Portrait de Balthazar et Le Givre et la Cendre, romans parus chez l’éditeur bruxellois M.E.0., de même que Dans le Lit d’un Rêve (poésies). Jasna Šamić a également traduit d’autres auteurs, mis en scène des pièces de théâtre à Paris et à Sarajevo, et réalisé plusieurs films documentaires. En 2018, devrait paraître, toujours chez M.E.O., son nouveau roman, Les contrées des âmes errantes.

Jasna Šamić est témoin, depuis quelques années, de l’émergence d’un islam radical dans une Bosnie qui n’a toujours pas guéri des séquelles de la guerre de 1992-1995. Son positionnement laïque lui vaut d’être dans le collimateur des islamistes bosniaques. Ils ne lui pardonnent pas son analyse : «Le port en public du foulard, et particulièrement du niqab, est le premier signe, non de la soumission à Dieu, mais de la soumission aux hommes. » Et ils se déchaînent tantôt sur les réseaux sociaux, à coup de menaces et de calomnies, tantôt dans la presse. En avril 2016, dans une lettre ouverte publiée par le quotidien The Bosnia Times, deux professeurs en sciences islamiques de Sarajevo réclamaient des sanctions judiciaires à l’encontre de l’écrivaine rebelle, au nom d’un islam source du patriotisme et «principale consolation» du «peuple» musulman. Le Procureur général de Bosnie n’a pas donné suite aux revendications de ces religieux obscurantistes.

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